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Mardi 15 décembre 2009 2 15 12 2009 08:27
MOTION SUR LA REFORME DU LYCEE
PRESENTEE PAR LA LISTE UNITAIRE FSU (SNES, SNES, SNUEP), CGT EDUC’ACTION, SGEN-CFDT
AU CONSEIL D’ADMINISTRATION DU LYCEE FOURIER LE  14/12/2009



Le projet de réforme du lycée a opté pour des choix auxquels nous ne pouvons adhérer :

• l’autonomie des établissements sera accrue, ce qui, en période de restriction drastique des moyens, notamment moyens d’enseignement, offerts au service public d’éducation, fait peser sur chaque lycée la mission impossible de faire mieux avec moins ou, pour être plus concret, d’inventer sa propre cuisine pour tenter de gérer la pénurie.

Ds le contexte de suppressions de postes d’enseignants qui prévaut depuis de trop nombreuses années et que la réforme confirme, l’absence de  cadrage national des horaires et des dédoublements dans les propositions de réorganisation disciplinaire (pour la classe de 2nde par exemple),  le rôle croissant du Conseil Pédagogique local (dont les membres sont désignés, ce qui ne peut que laisser planer un doute certain sur son objectivité et l’identité du maître q’il devra servir) au détriment du CA (dont la majorité des membres sont élus) entraîneront des disparités entre les établissements mais aussi entre les disciplines du fait d'une gestion libre des dédoublements.  C’est la fin de la logique de service public, avec le renforcement des inégalités de l’offre scolaire sur le territoire national.

Cette autonomie accrue, dont nous savons tous, ici, par expérience, qu’elle ne servira que de variable d'ajustement des services d'enseignants au détriment des choix pédagogiques, sera source d’inégalités encore plus fortes que celles rencontrées aujourd’hui.
Et que dire du climat que cette réforme instillera dans les salles des profs quand une discipline devra faire valoir, contre une autre, ses droits à dédoublement, ou quand les membres du conseil pédagogique devront donner à un de leur collègue (ou à une équipe pédagogique) les heures ou dédoublement qu’ils refusent à un autre ?

Loin d’aider les élèves, comme le prétendent les promoteurs de cette réforme, l’organisation (on serait tenté de dire « le bazar organisé ») du lycée Chatel laissera, encore une fois, sur le côté du système scolaire, les élèves les plus fragiles, ceux les plus en difficultés, ceux qui ne sont pas issus d’un milieu socioculturel apte à leur donner toutes les clés pour sortir indemne et cultivé de cette usine à gaz. A se demander si tel n’est le véritable but de la réforme : former de futurs salariés, ignorants du monde qui les entourent, juste bons à prolonger la machine sur laquelle ils travaillent.

> Les élèves devront assimiler un programme dense et ambitieux dans des horaires réduits (heures d’aide prises sur les heures disciplinaires) et des conditions défavorables aux apprentissages (effectifs de classe chargés, niveaux hétérogènes, difficulté à utiliser les TICE en classe entière…)

> L’enseignement des langues vivantes, organisé par niveaux de compétences, ne visera plus qu’une maîtrise de la communication, sans approche culturelle, dans des groupes à effectifs alourdis.

> La Culture (avec un grand C) transmise se limitera à des connaissances d’histoire des arts enseignée transversalement.

> Quant à l'accompagnement personnalisé, caution du projet, bien que fait au détriment des enseignements disciplinaires, présenté comme un temps d'enseignement « différent », il ne sera en réalité qu’un fourre-tout où l'on retrouvera de l'aide, de l'approfondissement, de l'orientation, etc. On ignore d’ailleurs encore à quels élèves cet accompagnement pourrait bien être proposé (toute la classe, tous les élèves ? qq élèves ? choisi comment ? par qui ? quand dans l’année scolaire ?). et son organisation … nous mettons au défi le plus acharné des défenseurs de cette réforme de mettre en place l’accompagnement personnalisé tel qu’il est présenté dans le texte ministériel.
> Pour les heureux élus qui auront passé sans trop de dégâts le cap de la seconde, la poursuite de la scolarité au lycée s’avèrera périlleuse pour ceux d’entre qui voudront y acquérir  un tant soi peu … quelques connaissances et éléments de réflexion.
> Le tronc commun en 1ère permettra de regrouper au maximum les élèves et donc, d'économiser des postes. Est-ce de l’intérêt des élèves ?
> Par ailleurs, il y aurait des stages de remise à niveau ou de réorientation pendant les vacances scolaires  dont on peut douter de l'efficacité d'autant plus qu'ils empiètent sur des vacances dont justement les élèves, particulièrement ceux en difficulté, ont besoin.
> La classe de 1ère L proposée est la plus spécialisée des trois séries. Il sera beaucoup plus facile de passer vers S que le contraire. Ainsi, aucune solution n'est apportée pour revaloriser la filière littéraire
> La réduction des horaires disciplinaires fragilisent des enseignements, comme les enseignements scientifiques (alors que dans la série S les sciences devaient être renforcées) ou encore les SES qui sont quasiment sacrifiées, et dénaturées en Term ES en séparant l'économie des sciences sociales.
> les Conseillers d'Orientation Psychologues seraient dessaisis de l’orientation alors qu'ils sont spécifiquement formés à cette mission qui reposerait désormais sur les enseignants. Sans doute n’est-ce pas inutile de rappeler au ministre de l’éducation que la mission première  d'un enseignant est d'enseigner.
• Il fait manifestement mine d’ignorer cette constante puisque les missions des enseignants se multiplieraient et enseigner deviendrait une mission parmi tant d'autres. Ce morcellement de des tâches des professeurs ne peut que nuire à la qualité de l'enseignement disciplinaire propre. En outre, le volontariat deviendrait la règle (en matière de tutorat, stages de remises à niveau, de réorientation...). Habile moyen de substituer de fait le salaire au mérite à une revalorisation des salaires pour tous et de s’assurer par le maintien de la baisse du pouvoir d’achat que des « volontaires » se désigneront.
• Dans ce capharnaüm quid du bac, diplôme national, premier grade universitaire ? La réforme risque d'engendrer de grandes différences entre les établissements pour la préparation d'un examen sensé être national et pour la préparation des études post-bac.
Pour toutes ces raisons, non exhaustives (car que penser du sort réservé à l'histoire-géographie et aux langues vivantes par exemple !), nous ne pouvons approuver ce projet qui fragilise encore plus le lycée sans pour autant résoudre ses difficultés.
La précipitation dans laquelle s'inscrit ce projet (calendrier intenable, aucune révision des programmes, simulacre de dialogue) et le contexte politique de réduction drastique des moyens (16 000 suppressions de postes prévues au budget 2010) ne peuvent permettre une réflexion approfondie qui améliorerait véritablement le lycée.
C'est pourquoi nous nous opposons à ce projet dont le but unique est comptable.
Nous exigeons qu’il soit abandonné.
Nos lycéens méritent mieux !
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : dans le texte
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 18:48
Réussir la masterisation et la démocratisation des recrutements :

la CGT Educ’action a des propositions !

Luc Chatel et Valérie Pécresse ont au moins une qualité : une grande capacité de rassemblement… des organisations syndicales, de lycéens et de parents, des autorités universitaires (CPU et CD IUFM)  qui se retrouvent contre les projets des deux ministres sur la formation des maîtres.
C’est le sens de la large mobilisation du mardi 15 décembre.
Les ministres de l’Education et de l’Enseignement supérieur montrent qu’ils ne maitrisent ni le calendrier ni la méthode d’une réforme de la formation mal engagée et non amendable de notre point de vue.
L’objectif est de supprimer, encore et toujours, des postes à l’image des précédentes "réformes" du 1er degré et du bac professionnel.
Ici, les postes de fonctionnaires stagiaires sont remplacés par des stages en responsabilités  (108 heures) pour des étudiants vacataires et bouches trous ; là, une année de formation en alternance entre le terrain (1/3) et l’IUFM (2/3 temps) remplacé par une formation partagée (50/50). A terme, ce sont les IUFM (jamais cités) qui risquent de disparaitre dans les tours de passe de passe des ministres.
Former moins pour supprimer plus… de postes, c’est la traduction dans l’Education des slogans simplistes que l’on retrouve au plus haut sommet de l’Etat.
C’est non seulement hypothéquer l’avenir des candidats qui préparent les concours mais c’est aussi et surtout ne pas donner les outils aux futurs personnels de l’Education nationale pour permettre la réussite de tous les élèves. C’est une génération d’étudiants et d’élèves sacrifiés sur l’autel de la suppression d’un poste de fonctionnaire sur deux. Le bouclier fiscal et l’épée de la RGPP taillent en pièce un modèle social et une ambition pour l’Education.
Une autre réforme est possible financée par un projet de justice fiscale de redistribution du capital.
Il s’agit à la fois d’assurer une nécessaire hausse de la qualification des personnels par une reconnaissance sous forme de diplôme (master) et de permettre une démocratisation des recrutements.
Le concours en fin de master 1 (M 1) ou en deuxième année de master (M2) renforce la sélection sociale à l’œuvre dans l’enseignement supérieur.
C’est pourquoi la CGT Educ’action revendique la création d’une allocation d’étude pour tous les étudiants et des moyens renforcés pour la validation des acquis de l’expérience pour les salariés.
Le concours aurait lieu au niveau de la licence (L 3), les deux années suivantes à l’IUFM, maison commune reconnue des personnels du 1er et du 2nd degrés. Ces années se feraient avec le statut de fonctionnaire-stagiaire permettant une formation progressive et accompagnée débouchant sur un master (bac + 5).
Cela coûte cher… mais répond aux besoins des élèves et à l’ambition juste de la réussite de tous.

C’est le sens de la pétition "Enseigner, un métier qui s’apprend" que la CGT Educ’action fait signer. Ni pure protestation, ni plate soumission, la CGT Educ’action porte donc sur la question de la masterisation une revendication positive (deux années de formation payées), cohérente (deux années débouchant sur un master) et crédible (proposée par de nombreux collectifs – Grenoble par exemple)…
La CGT Educ’action fera entendre sa voix et cette voie, mardi 15 décembre, dans tous les IUFM !

Montreuil, le 8 décembre 2009
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : IUFM
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Mardi 8 décembre 2009 2 08 12 2009 09:58
Dans les écoles primaires...

Circulez, y’a rien à voir !


Après une année scolaire 2008/2009 très chargée en journée d’action et en contestation, l’année 2009/2010 semble très calme. On peut donc penser que tout va très bien dans l’Education Nationale, qu’il n’existe plus de motifs de contestation et de protestation !
La réalité est pourtant bien différente : les réformes orchestrées par X.Darcos depuis 2007 et dénoncées par la communauté éducative n’ont pas disparu. Leur application a fragilisé notre système et tout cela au détriment des élèves, des parents, des enseignants et même des collectivités locales. A ce jour, on peut compter 14 réformes dont les plus emblématiques sont la mise en place de la semaine de 4 jours, la suppression des RASED, l'aide personnalisée aux enfants en difficultés, le service minimum pour les jours de grève, les nouveaux programmes, la mise en place des jardins d'éveil...Tout ceci est présenté comme un progrès et il faut l'opposer à l'immobilisme des enseignants et de leurs syndicats !
Mais concrétement, qu'entraînent ces réformes?
Elles entraînent une perte de 108h d'enseignement pour les élèves : ce qui amène donc une fatigue supplémentaire car il faut boucler les mêmes programmes (qui ne sont pas terminés d'ailleurs).
La suppression des RASED et la mise en place du soutien ne sont pas complémentaires. Elles s'opposent directement et laisse sur le bord de la route des élèves qui sont en suite d'échec.
Les nouveaux programmes attestent d'un retour en arrière basé sur le lire/écrire/compter. Et réfléchir, construire, produire, chanter, c'est inutile ?
La mise en place de Base élèves, fichier national de gestion des élèves, signe le contrôle des enfants et des parents, tout en surchargeant le travail des directeurs (qui n'avaient pas besoin de cela!).
La suppression des IUFM (formation) entraîne la fin de la formation initiale et continue des enseignants. Comment pouvons-nous accepter que les élèves se retrouvent face à un enseignant peu ou mal formé? Comment pouvons-accepter qu'un enseignant parte au charbon sans formation ?
La liste pourrait être encore longue. Mais concrétement, la politique de suppression de postes (15000 en moyenne depuis 3 ans) dans l'Education Nationale se traduit par des absences. C'est le manque d'enseignants sur le terrain et des classes de maternelles ou de SEGPA sans enseignants pendant des jours ou des semaines! Alors, NON, la vie dans l'Education n'est pas plus belle grâce à X.Darcos et L.Chatel, mais les enseignants sont étouffés et découragés.

                                                                                                                                               Jérôme SINOT
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : premier degré
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Samedi 28 novembre 2009 6 28 11 2009 06:58
LE SYNDROME DU TRAVAILLEUR CONSCIENTISÉ
ou compte-rendu du CNU de Batz-sur-mer
des 14, 15 et 16 octobre 2009.



Le CNU d’octobre s’est tenu du 14 au 16/10/2009 à Batz-sur-mer (44) dans un centre de vacances pour lequel vous ne m’en voudrez pas de ne pas en faire la publicité. Trois absents de marque : Richard Béraud (FERC) car retenu à un congrès de la CGT INRA, Philippe Péchoux car assistant au Conseil Supérieur de l’Education et Philippe Kiefer. Arrivée à 14h30, la délégation bourguignonne composée de Yasmina Soltani (21), Claude Cadot (71), Jean-Philippe Lafont (89), Gérard Corneloup (Retraités) et de Bernard Joly (élu au CHST) s’est tout de suite installée dans la salle où le CNU allait tenir ses débats alors que le SG de l’UD de Loire-Atlantique finissait son discours d’accueil. Puis le camarade SD du sden 44 a fait un petit discours ironique à souhait et à la brièveté remarquée.
Enfin, ça été le tour de Catherine Perret, l’une des trois co-secrétaires de l’UNSEN CGT Educ’Action (et aussi SD du 58) de faire le rapport d’actualité. Début du débat d’actualité avec une intervention remarquée de G. Corneloup sur l’action des retraités prévue le 16/10 avec mots d’ordre le pouvoir d’achat et la santé. Puis, pêle-mêle, tous les sujets brûlants ont été évoqués : la syndicalisation (et la question plus spécifique des agents) ; l’« échec » de l’action du 07/10 ; la nécessité d’une stratégie claire ; l’intersyndicale ; le succès de la « votation » pour la Poste ; l’action du 22/10 ; le refus des suppressions d’emplois ; la baisse des crédits et subventions pédagogiques ; le retour des EPEP ; la revalorisation nécessaire de nos métiers ; la suppression du poste de Défenseur des enfants ; le bac pro ; l’autoritarisme de certains IEN et de certains chefs d’établissements ; la référence à la lutte du LKP en Guadeloupe ; la nécessité d’un planning des luttes clair… Vers 16h, Catherine a conclu en expliquant, notamment, que la date du 22/10 était le résultat d’assises sur l’emploi industriel tenues à Montreuil en juin dernier et que c’est une question cruciale : « Est-ce qu’on veut des déserts économiques et sociaux dans les deux tiers de notre territoire ? » s’est-elle demandé avant de rappeler que l’intersyndicale se réunissait l’après-midi même.
A 16h10, Brigitte Créteur a introduit le débat sur la réforme du lycée annoncée la veille mais à la présentation de laquelle notre syndicat n’était pas invité. Puis un débat de trois quart d’heure a suivi mettant en évidence les inquiétudes des enseignants en technologie, en langues vivantes ; le « livret de compétences » et la remise en cause des diplômes nationaux ; le redoublement ; l’avenir des TZR ; la rupture avec le collège et avec la seconde générale ; la nécessité de faire le bilan de la lutte contre la réforme de l’enseignement professionnel ; le refus du « tri scolaire, tri social »…
Durant la pause, je découvre que la salle où nous étions s’appelait Ti Bras ce qui en breton se traduirait par Grande Maison, sobriquet dont on affuble souvent notre ministère…
A la reprise, on a voté à l’unanimité la direction et la composition des deux commissions d’amendements, celle sur les salaires par C. Godard et celle sur la FTP par A. Gautheron. Puis Christophe Godard a fait un exposé sur les rencontres confédérales entre la FSU et la CGT ; pour résumer, il s’agit d’une réponse à une initiative de la FSU voulant renforcer ses relations avec la CGT en travaillant sur des axes de réflexion : la formation, la recherche et la petite enfance. Trois rendez-vous : Journée Formation professionnelle à Caen (10/11), Journée Petite enfance à Toulouse (date à fixer) et colloque sur le syndicalisme à Paris (idem). La réflexion devra se faire au niveau académique, car selon lui, « une direction syndicale ne peut et ne doit se faire à la place [de la base]». Ensuite Patrick Désiré a introduit le débat sur le prochain congrès confédéral : la question des discussions avec la FSU avait enflammé les esprits des participants qui y ont vu se profiler une fusion de la FSU dans la CGT ; problème de la représentativité et de la démocratie syndicale ; notion de périmètre syndical…
La journée s’est achevée à 19h25 en se donnant rendez-vous le lendemain à 9h.
Les débats ont repris le lendemain à 9h35 avec un léger retard… O. Lepichon rapporteur de la commission sur les repères salaires a rappelé que ceux-ci étaient le résultat d’un travail collectif amorcé après le précédent CNU de Dourdan, puis il a expliqué comment ils avaient travaillé sur les amendements. Deux votes par mandats pour deux amendements, l’un du sden 12 et l’autre du sden 91, tous deux retoqués. Pendant que le décompte du vote final se faisait N. Hennache a fait une intervention sur la presse syndicale. Résultat : validé par 72,82% des votants.
Les débats ont repris à 14h15 pour parler de vie syndicale, en particulier de CoGiTiel sur lequel C. Cadot a fait un exposé très instructif. A. Gautheron a ensuite présenté les travaux de la commission sur les repères voies professionnelle et technologique à 14h48 en rappelant qu’il y avait eu 224 amendements proposé, qu’ils avaient commencé à onze et terminé à sept à quatre heures du matin ; mais aussi que vu le texte de 20 pages proposé par la CeX, il s’agissait d’un « exercice délicat, forcément imparfait et insatisfaisant » Et pour le paraphraser, je peux dire que ce qui a suivi a été un exercice éreintant, chronophage et frustrant, mais au final très nécessaire… En début de soirée, alors qu’un petit hommage était rendu à A. Gautheron qui prend sa retraite, j’ai accompagné C. Cadot pour une petite balade qui nous a amenés jusqu’à la pointe du Croisic. Au passage, j’ai noté les banderoles appelant à soutenir les marins pêcheurs car la fermeture de la Criée du Croisic se précise.
Lors de la soirée fraternelle, après le repas, une discussion animée mais constructive a lieu au bar entre Yasmina, Claude et moi (soit un bon tiers du bureau régional) au sujet de la communication de l’URSEN.
Les débats ont repris vendredi à 9h25. Patrick a résumé la rencontre interfédérale de jeudi qui a débouché sur une semaine d’action prévue du 16 au 22/11 sur la question budgétaire. Un débat s’est entamé sur la position que devait avoir l’UNSEN à ce sujet : faire grève ou pas ? seul ou avec qui ? quel travail d’information faire en amont ? Plusieurs interventions dont l’une de Claude et de Yasmina à propos du questionnaire envoyé par le sden21 aux collègues pour qu’ils fassent une synthèse sur leurs rentrées afin de pouvoir adresser ensuite une synthèse aux élus. Cette démarche intersyndicale devant déboucher sur un « livre noir » a beaucoup intéressé le CNU.
Joël Guliay a fait ensuite un exposé sur la réforme de la formation des enseignants qui nous a consterné tant sont importants et lourds de conséquences les changements annoncés, en particulier la masterisation qui va aller de pair avec la loi sur la mobilité sociale. D’un côté, on va avoir de plus en plus de collègues non-titulaires d’un concours mais ayant un master qui vont devoir vendre leurs compétences, tandis que de l’autre on aura des collègues fonctionnaires qui, s’ils refusent trois propositions de postes seront remerciés ! Alors que le stage d’observation (108h) en première année sera facultatives et non rémunéré, celui de seconde année sera en responsabilité et payé comme un contractuel (34,5 euros). Attention, il s’agit d’une année transitoire et il est donc essentiel d’obtenir des représentants CGT dans les instances décisionnelles des universités. La question des précaires, ces jeunes pourvus d’une licence mais pas en condition de passer leurs masters : que vont-ils devenir  ? et quid de ceux travaillant en tant qu’AED ? Importance de la rubrique « entrée dans le métier » sur le site de l’UNSEN…
Luc Briatte a fait un compte-rendu de la réunion avec le Conseil social au cours de laquelle ont été abordés la semaine de quatre jours (pas de cadrage national, c’est aux municipalités de gérer !) ; l’aide personnalisée et les RASED (la première servant à justifier l’autre) ; le pilotage par évaluations (les items devraient être revus mais pas de changements annoncés et le MEN continue à être juge et partie) ; la remise en cause du droit syndical ; l’accélération de l’implantation des EPEP. Il a aussi rappelé l’importance de l’action « Pas de bébé à la consigne » contre les jardins d’éveil. Rappel : 35,4% de nos adhérents sont dans le premier degré et peu ont des adresses email ; 10% de nos retraités en sont issus ; enfin, notre taux de syndicalisation dans le premier degré n’est que de 0,3% , ce qui est à garder à l’esprit en prévision des prochaines élections professionnelles dans deux ans. Il y a encore des collègues qui subissent des retenues sur salaires parce qu’ils refusent de participer à base élèves.
Le CNU s’est achevé par la décision unanime de la date du prochain congrès de la CGT Educ’Action qui se tiendra en mai 2011 en prélude aux élections de décembre 2011 et par un appel contre les équipes mobiles de sécurité expérimentées dans l’académie de Créteil.

Jean-Philippe Lafont
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : repères revendicatifs
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 11 2009 06:18
Le 24 à Auxerre

La journée devait commencer par une heure d’information syndicale au lycée à l’appel de la CGT (initiatrice de l’heure d’info) et de la FSU. Arrivée à 7h45 devant les grilles d’entrée. Barrage filtrant des élèves. Proviseur pas content, voire menaçant à l’égard des lycéens qui bloquent l’entrée (UNE des 4 entrées …) : « pas le droit de porter atteinte à la liberté de circuler », « z’êtes manipulés », … la grosse colère. Peu d’effet !
7h50 en salle des profs… peu de monde… 7h55 : plus personne !! M’enfin !!?? Tous partis ! Avant la sonnerie ! Ça alors … Une copine syndiquée au SNES arrive. Surprise ! « Sont où ? ». Ben, sont allés en cours … en râlant : cartable trop lourd, météo pas top, réveil difficile … Les p’tits soucis quotidiens.
« Et l’heure d’info ? ». Ben, Z’ont pas vu (un tract dans chaque casier jeudi dernier, une affiche au panneau syndical, quelques mels envoyés ici et là, …), z’ont pas entendu non plus (« hep, je vous rappelle que dans 5 minutes on démarre l’heure d’info »), z’ont sûrement rien à dire, rien à apprendre, rien à cogiter. Savent déjà tout ? J’espère que non !!
Ben voilà, on était cinq, finalement, dont 4 militants syndicaux. On a quand même parlé réforme du lycée pendant une heure : cata de chez cata, ce truc ! Celui qui a pondu cette usine à gaz était shooté ? Il a suivi toute sa scolarité par correspondance ? Il a déjà mis les pieds dans un lycée ?
On serait presque tenté, tant ce machin est irréalisable de dire « chiche » ! Pour le plaisir de voir Chatel et son staff se prendre les pieds dans leur tapis.
Allez, suite du programme : AG départementale convoquée par la FSU. Et oui, dans l’Yonne, l’unité, c’est la FSU, rien que la FSU. (FSU, ça veut dire quoi déjà ? Fédération Syndicale U… ? Unique ?). Une soixantaine de collègues des 1er et second degrés. Le Snuipp est content : 30% de grévistes. Le Snes fait un peu moins le fiérot mais annonce quand même un petit 30% lui aussi, c’est pas mal, il attendait moins il y a 2 semaines …
Présentation de la plateforme FSU (logique, vu que …). Satisfecit sur le recrutement à bac + 5 tempéré par «mais c’était pas comme ça qu’on le voulait ». Ah… Y aurait eu erreur sur la marchandise ?
Rappel du refus CGT Educ’action du recrutement au niveau master. Explications du pourquoi. Changeons vite de sujet avant que … Suppressions de postes, pouvoir d’achat, remplacements…
Forcément, dans ce genre d’AG, il y a la traditionnelle question du « pourquoi on n’a pas été appelés à la grève générale reconductible ? » (Dans les grands moments d’euphorie certains la prônent même interplanétaire cette grève, des fois que les martiens, eux aussi …).
Redescendons sur terre chers amis enseignants… Petit couplet CGT sur ce qu’est la réalité du monde du travail dans le privé : salaire net mensuel de 1 000 euros, alors la grève, on y réfléchit à deux fois avant de la démarrer ; trouille d’être repéré et éjecté de l’entreprise si le patron apprend qu’on a une carte syndicale dans la poche alors partir en grève … c’est si on est 80% à le faire pour pouvoir se noyer dans la masse… Bref, la grève générale, ça ne se décrète pas, ça se prépare, au plus près des salariés, surtout là où la présence syndicale fait défaut. Qui vient avec nous distribuer les tracts de l’Union Locale CGT d’Auxerre dans les magasins où les vendeurs savent à peine que la CGT est un syndicat ?…
Oups, 11h20 ! Les lycéens vont arriver place de l’Arquebuse, fin des débats.
Quelqu’un demande si on peut faire la liste des revendications qui réunit l’AG. Pas le temps et puis pas besoin ; la FSU a compris ce que voulaient les participants : une nouvelle journée d’action dans un temps rapproché. Ah ?? Personne n’a émis cette idée lors des échanges, personne n’a d’ailleurs vraiment parlé de la suite, mais ... Bon ben faut y aller. Bon, ben on y va…
Merci les lycéens !! Merci d’être là, venus de Sens, de Joigny, d’Auxerre. Merci d’être 10 fois plus nombreux que les adultes. Merci de nous permettre de partir en manif (et oui, à 60 enseignants, ç’aurait été un peu grotesque…). Manif au centre ville (« petit circuit », pour ceux qui connaissent, celui des jours maussades).
Bilan ?
Bof…
Gros coup de colère le matin (les 7 ou 8 collègues dont les postes vont sauter à la prochaine rentrée au lycée si rien ne bouge auraient pu au moins venir s’informer), sentiments mitigés au sortir l’AG (débat tronqué, pas vraiment piloté par la tribune FSU, mais des collègues qui ont envie de continuer), manif… lycéenne.
Y a du boulot d’information et de conviction à faire. Et à faire auprès des collègues, parce que la grève par procuration via les élèves ou l’action par délégation via les parents, c’est botter en touche. Dans le privé comme dans le public, c’est quand les salariés prennent leurs affaires en main eux-mêmes qu’ils obtiennent des avancées. Et, au moins sur la réforme des lycées, il y a des chances sérieuses de faire reculer le gouvernement.
Y a plus qu’à…

Pascale Marlin
Lycée Fourier Auxerre.
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : dans le texte
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