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Filière ES : le rapport Guesnerie confirme le bien fondé des revendications de la CGT éduc’action
Le rapport commandé par X Darcos, en février 2008, sur la filière ES, vient d’être rendu public. Ses conclusions confortent en bien des points, les revendications de la CGT
éduc’action. Revendications que nous avons portées auprès de M. de Gaudemar, chargé de la consultation sur la réforme du lycée, ouverte fin juin En effet, M. Guesnerie, rapporteur, réaffirme, comme la CGT, que la filière ES a toute sa place au lycée et que contrairement à ce qu’affirme le ministre de l’Education nationale, elle conduit les lycéens vers des parcours dans l’enseignement supérieur dans lesquels ils peuvent réussir. Il désavoue donc les propos du gouvernement orchestrés par l’institut de l’entreprise et les associations proches du MEDEF… et préconise, tout comme la CGT, que les Sciences Economiques et Sociales deviennent un enseignement obligatoire inclus dans le tronc commun en seconde. Cette discipline participe en effet, de manière fondamentale, à deux objectifs importants au lycée : la construction de la citoyenneté et « l’intégration socio-économique ». Il relève que la filière ES est moins élitiste que la filière S et a contribué à une plus grande démocratisation au lycée. Le rapport propose une redéfinition des programmes et des rééquilibrages, réaffirmant notamment la place de la sociologie Nous pensons, à la CGT, que la revalorisation des filières ES et L constitue un élément essentiel pour casser la hiérarchisation des filières. La CGT éduc’action portera ses objectifs en termes de moyens et de contenus et appelle à construire le rapport de force nécessaire, dans le contexte des annonces de suppressions massives d’emplois (13500), pour les imposer.
Montreuil, le 10 juillet 2008 |
par Jean-Philippe Lafont
publié dans :
second degré
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Pas de double peine pour Rodolphe JUGE enseignant et militant CGT dans l’académie de Créteil !
Rodolphe Juge, enseignant stagiaire en lycée professionnel à la Courneuve (93) et syndiqué à la CGT éduc’action aurait dû avoir un avis positif du jury académique pour sa
titularisation et bénéficier, comme tous les autres stagiaires, d’un repos estival bien mérité… Son dossier de validation était complet et avait un avis positif de l’IUFM avant
d’être retiré, en catimini, de l’examen de la commission le 4 juillet 2008. Comment expliquer, sans l’intervention expresse du recteur, le report de l’examen de sa titularisation à
la prochaine réunion du jury… en décembre 2008 ! Cette mesure vient en plus d’un arrêté de suspension prise à son encontre par le recteur le 18 juin 2008.
La « faute » de Rodolphe, aux yeux du recteur est d’avoir participé avec les organisations syndicales, à une manifestation de lycéens le 3 avril 2008, laquelle s’est terminée par une intervention de la police. Le professeur est alors arrêté, mis en garde à vue, avant de faire l’objet de poursuites pénales injustifiées pour… violence ! De nombreux témoins attestent de l’absence du bien fondé de cette accusation. La mobilisation de centaines de militants, de citoyens, de collègues, présents le jour du procès, signataires de la pétition, a permis, dans un premier temps, de repousser la comparution immédiate et de reporter le procès au 17 avril. Celui-ci ne s’est pas tenu, faute pour de la partie accusatrice d’être présente. Le procès est donc reporté. Pourtant, le Recteur de l'académie de Créteil décide de suspendre Rodolphe de ses fonctions pendant 4 mois dans l'attente de l’audience fixée le 24 septembre 2008, faisant fi du principe de la présomption d’innocence. Pour le Président de la LDH, il s’agit là « d’un déni de droit ». Aujourd’hui, le jury de titularisation n’examine pas le dossier de notre collègue et camarade, sa rentrée l’année prochaine dans un nouvel établissement est compromise. Il s’ensuit un lourd préjudice pour la suite de sa carrière, démesuré par rapport à des faits contestés et dont la double peine, suspension plus report de la titularisation, dépasse la simple mesure conservatoire. C’est pour la FERC CGT de l’acharnement et la volonté manifeste de criminaliser l’action syndicale. La FERC CGT et la CGT-Educ’action s’adressent une nouvelle fois au Ministre Xavier DARCOS, pour qu’il reconsidère cette situation et rétablisse sans délai Rodolphe Juge dans la totalité de ses droits.
Montreuil, le 10 juillet 2008
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par Jean-Philippe Lafont
publié dans :
FERC
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Une nouvelle provocation du ministre !
En dépit des fortes mobilisations des élèves et des personnels contre la suppression de 11 200 postes au printemps 2008, le ministre annonce par voie de presse la suppression de 13 500 postes pour la rentrée 2008. La justification donnée par le ministre est bien éloignée de la réalité. Quand il avance le chiffre de 30 000 enseignants qui ne sont pas face à élève, il oublie de préciser que ces personnels continuent de travailler pour le ministère de l’Éducation et contribuent à son fonctionnement. De plus, le chiffre de 30 000 élèves en moins ne correspond pas aux prévisions établies par le ministère de l’Éducation nationale… Cette annonce aura forcément un impact lourd sur le projet de réforme du lycée actuellement en discussion. Les effets de cette mesure sur la voie professionnelle dans le cadre de la généralisation du bac pro pénaliseront des milliers d'élèves. Nous appelons les personnels et les familles à se mobiliser dès la rentrée pour défendre notre système éducatif. Montreuil le 09.07.08 |
par Jean-Philippe Lafont
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dans le texte
Monsieur le ministre,
Définissant le rôle de votre ministère dans une lettre aux évêques de France, vous assuriez : « Il faut […] adresser un message clair aux candidats à l’émigration, en leur démontrant que la clandestinité est une voie sans issue ». Comment faire cette démonstration ? Toute l’histoire en témoigne, les seuls « messages clairs » susceptibles de faire fuir une population de là où elle est établie ou de l’empêcher de se rendre là où elle espère un avenir sont la violence et la terreur. La société française n’est aujourd’hui pas prête à accepter le recours à la violence ouverte. Heureusement. Mais la longue liste des situations choquantes de brutalité engendrées par votre politique témoigne du risque d’une dérive.
Le courant auquel vous vous rattachez prétend par calcul politicien enrayer cette tendance de fond. A cette fin, il recourt à des moyens attentatoires aux droits de l’Homme et à la dignité. Nous sommes convaincus que si d’aventure un manuel d’histoire consacre un jour quelques lignes à votre action, elles ne vous feront pas honneur.
Ajoutons, pour finir que rien dans vos récentes déclarations ne laisse augurer un changement de votre politique ni même l’ouverture d’un dialogue dont la seule fonction à vos yeux semble être une opération de communication en prélude à la présidence française de l’Union européenne.
Ces raisons, entre autres, nous font décliner votre proposition d’audience. Nous vous prions, Monsieur le ministre, d’agréer l’expression de la considération que mérite votre politique.
Vous avez souhaité rencontrer des représentants du Réseau Éducation Sans Frontières avant la présidence française de l’Union européenne. Dans le contexte actuel, une telle entrevue nous semble
inutile. Nous ne répondrons pas à votre invitation.
Malgré les fortes réticences de certains d’entre nous, dues entre autres à l’intitulé de votre ministère, nous avions accepté d’être reçus l’an dernier pour ne pas condamner votre politique avant que vous l’ayez officiellement énoncée.
Depuis lors vous avez fait vos preuves, au-delà de tout ce qu’on pouvait redouter.
Vous avez fait voter une loi destinée à empêcher les parents et les enfants de vivre ensemble et jetant l’opprobre sur une immigration dont votre texte insinue, par son existence même, qu’elle serait trop prolifique et aux filiations si douteuses qu’il faudrait recourir aux tests ADN pour les établir --pratique jusqu’alors réservée aux affaires criminelles.
Vous avez assigné à vos services l’objectif de 25 000 expulsions en 2007, 26 000 en 2008, 28 000 en 2009, précisant à l’unité près, les quotas dus par chaque préfecture, comme s’il s’agissait de fret. Que n’exprimez-vous vos objectifs en têtes ou en quintaux ?
Une expulsion est un cataclysme. C’est tout à la fois une arrestation inopinée, un emprisonnement, la privation de son logement, un licenciement minute, la spoliation de la totalité de ses biens, parfois la séparation brutale d’avec son conjoint et ses enfants, la dislocation de tout lien avec son milieu et ses amis et une reconduite contrainte, éventuellement assortie de violences. C’est une humiliation totale dont on ne se remet pas. Le pays dans lequel on avait placé son espoir d’une existence nouvelle, qu’on avait parfois bataillé des années pour rejoindre, vous rejette, vous expulse et vous dépose comme un déchet, sans bagage, sur un tarmac où personne ne vous attend. Même quand les expulsés ont des proches au pays, il arrive que la honte les empêche de les rejoindre : celui qui faisait vivre toute une famille est devenu une charge. Nombre d’expulsés finissent désespérés, désocialisés, à la rue, mendiants, fous ou suicidés.
Ces ravages ne sont ni des accidents, ni des faux frais de votre politique. Ils sont son essence même.Malgré les fortes réticences de certains d’entre nous, dues entre autres à l’intitulé de votre ministère, nous avions accepté d’être reçus l’an dernier pour ne pas condamner votre politique avant que vous l’ayez officiellement énoncée.
Depuis lors vous avez fait vos preuves, au-delà de tout ce qu’on pouvait redouter.
Vous avez fait voter une loi destinée à empêcher les parents et les enfants de vivre ensemble et jetant l’opprobre sur une immigration dont votre texte insinue, par son existence même, qu’elle serait trop prolifique et aux filiations si douteuses qu’il faudrait recourir aux tests ADN pour les établir --pratique jusqu’alors réservée aux affaires criminelles.
Vous avez assigné à vos services l’objectif de 25 000 expulsions en 2007, 26 000 en 2008, 28 000 en 2009, précisant à l’unité près, les quotas dus par chaque préfecture, comme s’il s’agissait de fret. Que n’exprimez-vous vos objectifs en têtes ou en quintaux ?
Une expulsion est un cataclysme. C’est tout à la fois une arrestation inopinée, un emprisonnement, la privation de son logement, un licenciement minute, la spoliation de la totalité de ses biens, parfois la séparation brutale d’avec son conjoint et ses enfants, la dislocation de tout lien avec son milieu et ses amis et une reconduite contrainte, éventuellement assortie de violences. C’est une humiliation totale dont on ne se remet pas. Le pays dans lequel on avait placé son espoir d’une existence nouvelle, qu’on avait parfois bataillé des années pour rejoindre, vous rejette, vous expulse et vous dépose comme un déchet, sans bagage, sur un tarmac où personne ne vous attend. Même quand les expulsés ont des proches au pays, il arrive que la honte les empêche de les rejoindre : celui qui faisait vivre toute une famille est devenu une charge. Nombre d’expulsés finissent désespérés, désocialisés, à la rue, mendiants, fous ou suicidés.
Définissant le rôle de votre ministère dans une lettre aux évêques de France, vous assuriez : « Il faut […] adresser un message clair aux candidats à l’émigration, en leur démontrant que la clandestinité est une voie sans issue ». Comment faire cette démonstration ? Toute l’histoire en témoigne, les seuls « messages clairs » susceptibles de faire fuir une population de là où elle est établie ou de l’empêcher de se rendre là où elle espère un avenir sont la violence et la terreur. La société française n’est aujourd’hui pas prête à accepter le recours à la violence ouverte. Heureusement. Mais la longue liste des situations choquantes de brutalité engendrées par votre politique témoigne du risque d’une dérive.
Quelques exemples, en quelques mois, à Paris. 20 janvier 2008, Sena, 9 ans, passait 24h, seul,
enfermé chez lui, terrorisé. Son père sans papiers était en garde à vue au commissariat du 10e. 8 février, Osman, 2 ans et demi était seul pendant 3 jours, son père en rétention à Vincennes, sa mère à l’hôpital en train d’accoucher. 4 mars, Cécile, 6 ans et Sylvie, 5 ans, étaient seules, leurs parents en garde à vue au commissariat du 20e… Mars, Jennifer, 2 ans et Yasmina, 2 mois et demi, seules pendant 15 jours, leurs parents en rétention, lui à Vincennes, elle à Cité… 27 mai 2008, Jeanne, 2 ans seule, son père en rétention à Vincennes, sa mère alors au Sénégal… A chaque fois, la police était informée que les enfants étaient seuls. A chaque fois, des parents, amis, militants du RESF ont veillé à la sécurité des enfants ; Samir, 19 ans, élève du LP de Villeneuve sur Lot expulsé moins de 24 heures après son arrestation sur une convocation piège. Des arrestations au domicile de familles entières. 240 enfants en rétention en 2007. Yvan, Tchétchène de 12 ans, rendu invalide après être passé par la fenêtre à Amiens
en août 2007 pour n’avoir pas affaire à la police française. Chunlan Zhang tuée à Belleville dans les mêmes circonstances. John Maïna, 19 ans, suicidé en février 2008 en apprenant que l’asile lui était refusé, Baba Traoré, 29 ans, noyé dans la Marne en avril 2008 pour échapper à un contrôle de police.Ces morts, ces drames, ces automutilations, ce désespoir qu’engendre votre action ne vous hantent-ilspas ? Etes-vous fier d’imposer de telles missions à vos services ?
enfermé chez lui, terrorisé. Son père sans papiers était en garde à vue au commissariat du 10e. 8 février, Osman, 2 ans et demi était seul pendant 3 jours, son père en rétention à Vincennes, sa mère à l’hôpital en train d’accoucher. 4 mars, Cécile, 6 ans et Sylvie, 5 ans, étaient seules, leurs parents en garde à vue au commissariat du 20e… Mars, Jennifer, 2 ans et Yasmina, 2 mois et demi, seules pendant 15 jours, leurs parents en rétention, lui à Vincennes, elle à Cité… 27 mai 2008, Jeanne, 2 ans seule, son père en rétention à Vincennes, sa mère alors au Sénégal… A chaque fois, la police était informée que les enfants étaient seuls. A chaque fois, des parents, amis, militants du RESF ont veillé à la sécurité des enfants ; Samir, 19 ans, élève du LP de Villeneuve sur Lot expulsé moins de 24 heures après son arrestation sur une convocation piège. Des arrestations au domicile de familles entières. 240 enfants en rétention en 2007. Yvan, Tchétchène de 12 ans, rendu invalide après être passé par la fenêtre à Amiens
en août 2007 pour n’avoir pas affaire à la police française. Chunlan Zhang tuée à Belleville dans les mêmes circonstances. John Maïna, 19 ans, suicidé en février 2008 en apprenant que l’asile lui était refusé, Baba Traoré, 29 ans, noyé dans la Marne en avril 2008 pour échapper à un contrôle de police.Ces morts, ces drames, ces automutilations, ce désespoir qu’engendre votre action ne vous hantent-ilspas ? Etes-vous fier d’imposer de telles missions à vos services ?
Il vous arrive d’en dire peut-être plus que vous ne le souhaiteriez. C’est ainsi que vous déclariez dans Le Figaro du 25 avril 2008 : « Si mon souci est de répondre aux besoins des
secteurs en pénurie de main d’oeuvre, j’ai aussi le devoir d’accompagner l’ensemble de la communauté nationale vers l’emploi. […] Dois-je laisser sur le bord de la route des étrangers
qui ont fait l’effort d’entrer légalement sur le territoire, de satisfaire le parcours d’intégration ? Faut-il sacrifier leurs enfants nés ici ? […]. Discours stupéfiant. Est-ce à dire
qu’il y aurait des emplois « réservés » ? Occupés par des sans papiers aujourd’hui, ils seraient « offerts » aux immigrés en situation régulière ou à « leurs enfants nés ici »,c’est-à-dire
Français pour la plupart mais n’ayant pas la tête à l’être assez pour qu’on ne leur proposepas les emplois dévolus aux immigrés. Jusqu’à combien de générations ? A trop finasser on s’expose
à
laisser échapper une sottise … ou le fond de sa pensée ? Il serait utile que vous vous expliquiez clairement et le cas échéant, vous corrigiez ces propos.
La directive « retour » que vous avez adoptée avec vos collègues de l’Union européenne place les étrangers sans papiers dans des conditions proches de celle de l’état de siège : jusqu'à
dix-huit mois d'internement pour le seul fait d'avoir franchi des frontières et de vouloir vivre en Europe ; rétention et expulsion de mineurs et de personnes vulnérables (femmes enceintes,
personnes âgées, victimes de torture...) ; possibilité d’expulser des personnes vers un pays de transit, même en l’absence de lien avec ce pays ; interdiction de retour sur le territoire
européen pour une durée de cinq ans de ceux ayant été expulsés ; absence d'obligation de fournir un titre de séjour aux étrangers souffrant de maladies graves ; application aux mineurs isolés
de l'ensemble de ces mesures.
Les objectifs que vous dites vouloir assigner à la présidence française (interdiction des régularisations, renforcement des actions policières, discours sur l’aide au développement, identiques depuis 1970) sont dangereux et, de plus, inefficaces.
Selon les chiffres de votre ministère, de 200 à 400 000 étrangers sans papiers vivent en France. Il vous faudrait de 8 à 16 ans pour les expulser tous, au rythme de 25 000 par an, à supposer qu’il n’y ait ni naissance, ni entrée nouvelle.
L’action du RESF depuis quatre ans a contribué à mettre en évidence une évolution profonde de la société française, l’acceptation de ce qu’elle est, une société diversifiée du point de vue
de ses origines.Les objectifs que vous dites vouloir assigner à la présidence française (interdiction des régularisations, renforcement des actions policières, discours sur l’aide au développement, identiques depuis 1970) sont dangereux et, de plus, inefficaces.
Selon les chiffres de votre ministère, de 200 à 400 000 étrangers sans papiers vivent en France. Il vous faudrait de 8 à 16 ans pour les expulser tous, au rythme de 25 000 par an, à supposer qu’il n’y ait ni naissance, ni entrée nouvelle.
Le courant auquel vous vous rattachez prétend par calcul politicien enrayer cette tendance de fond. A cette fin, il recourt à des moyens attentatoires aux droits de l’Homme et à la dignité. Nous sommes convaincus que si d’aventure un manuel d’histoire consacre un jour quelques lignes à votre action, elles ne vous feront pas honneur.
Ajoutons, pour finir que rien dans vos récentes déclarations ne laisse augurer un changement de votre politique ni même l’ouverture d’un dialogue dont la seule fonction à vos yeux semble être une opération de communication en prélude à la présidence française de l’Union européenne.
Ces raisons, entre autres, nous font décliner votre proposition d’audience. Nous vous prions, Monsieur le ministre, d’agréer l’expression de la considération que mérite votre politique.
Pour le Réseau Éducation Sans Frontières
Richard Moyon
Richard Moyon
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par Jean-Philippe Lafont
publié dans :
RESF
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Mauvais film pour les IUFM : remake de « Petit meurtre entre amis » Si la Palme d’Or de l’hypocrisie et des déclarations intempestives doit être décernée à la politique éducative de Nicolas Sarkozy (voir entre autres cafouillages : le parrainage par des élèves du primaire des enfants juifs exterminés lors de la Seconde guerre mondiale, l’esclavage réintroduit alors qu’il n’avait pas disparu des programmes, la « colonisation positive »…), un pas de plus vient d’être franchi concernant la disparition, par oukase présidentiel, de l’école des maîtres : les Instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM). Certes, le collaborateur de l’ombre du Président, X. Darcos, mérite néanmoins une part du prix. Après son mauvais scénario, « Chéri, j’ai rétréci les gosses » aussi bien sur les programmes que sur les horaires du primaire …, le ministre de l’Education dépèce l’IUFM pour amputer encore quelques dizaines de milliers des postes de stagiaires et de formateurs. Si la reconnaissance à niveau du master d’une formation qui dure déjà au minimum 5 ans (licence -L 3- plus une année « blanche » de préparation de concours et une année comme personnel stagiaire) après le baccalauréat n’est que justice -c’est d’ailleurs déjà le cas des Conseillers d’orientation psychologues-, l’enjeu est ailleurs : la place du concours et le nombre de postes. La CGT Educ’action revendique et propose un concours national de fonctionnaire d’État après la licence (bac + 3) et une formation de deux ans comme fonctionnaire stagiaire débouchant sur un master en lieu et place, selon les déclarations -floues- du Président, d’un concours se situant en fin ou après le master. Cette hausse du niveau de qualification doit être reconnue, non pas comme une simple accélération de carrière mais comme une nouvelle grille indiciaire basée sur celle, au minimum des agrégés, et calquée sur celle des grilles d’ingénieurs. En l’état de l’université aujourd’hui, reculer le concours après un bac + 5 pour les étudiants les plus modestes, c’est instituer une sélection sociale insupportable et éliminer la plupart des non titulaires en poste, recrutés souvent avec une licence. La CGT Educ’action revendique et propose une formation programmée progressive et cohérente aux métiers de l’Éducation (agrégés, certifiés, PLP, PE, CPE, ASH) dans le cadre d’une maison commune, l’IUFM, où interviennent des enseignants chercheurs et des équipes de formateurs qualifiés du 1er et du 2nd degrés préparant au master en lien avec les compo-santes de l’université et en favorisant un aller retour entre expérience de terrain et apports disciplinaires et pédagogiques de haut niveau. C’est diamétralement à l’opposé du schéma présidentiel où, de manière schizophrénique, on passe du jour au lendemain, par la magie du concours, d’une formation universitaire strictement disciplinaire en master à un plongeon dans une classe, avec comme seule bouée le maître (nageur ?) d’à coté promu, sans autre procès, compagnon… d’infortune ! Gilles, réveille-toi, ils sont devenus fous ! Même le prédécesseur de Xavier Darcos, l’oublié Gilles de Robien, pour qui la pédagogie -quand bien même fut-elle politique- était un exercice compliqué… en avait convenu : « Enseigner est un métier qui s’apprend. Faire cours et faire apprendre, conduire une classe et individualiser son enseignement, exiger des efforts et donner confiance, susciter l’intérêt, évaluer les aptitudes et percevoir les talents, aider à l’orientation. Tout cela nécessite une formation initiale et continue approfondie : rien ne doit être laissé aux aléas de la vocation pédagogique ou du hasard professionnel. » dans le cadre d’un acte solennel fort, un arrêté, publié au Bulletin officiel de l’Éducation nationale (BOEN n° 1 du 4 janvier 2006 : cahier des charges de la formation des maîtres). Du passé, faisons table rase ! Annoncer une tactique de terre brûlée concernant les IUFM, au nom d’une idéologie réactionnaire et d’économies budgétaires, c’est nier la nécessaire professionnalisation de la formation des maîtres pour répondre aux défis de la démocratisation de l’école. Les élèves en difficulté seront les premières victimes de cette politique à courte vue. Bas les masques. La CGT Educ’action, avec différentes composantes de la FERC CGT, est signataire de l’appel unitaire à la mobilisation, avec d’autres organisations syndicales de personnels et des étudiants dénonçant ensemble : « formation des enseignants : une régression déguisée ». Nous comptons faire entendre, avec vous, aux ministres de l’Education et l’Enseignement supérieur des exigences fortes en matière de droit à la formation initiale et continue de qualité à partir des luttes à construire avec l’ensemble de la communauté éducative (parents, étudiants, précaires, stagiaires et titulaires). Nous soutenons et nous appelons à rejoindre les actions des personnels mobilisés dans les centres de formation.
Montreuil, le 16 juin 2008 |
par Jean-Philippe Lafont
publié dans :
IUFM



