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des enseignants  de l'Yonne.
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Jean-Philippe Lafont,
secrétaire départemental

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Jeudi 5 novembre 2009

De la maternelle à l’université, titulaires et précaires,
Toutes et tous en grève le 24 


De jour en jour, les personnels et les élèves subissent la politique gouvernementale de casse des services publics dont une des finalités est la remise en cause des principes fondateurs d’une école républicaine, laïque, gratuite, ouverte à toutes et tous. Les personnels n’acceptent pas les conditions dans lesquelles se prépare la rentrée 2010. Depuis 2007, au nom du dogme de la réduction des déficits publics, le gouvernement a détruit dans l'enseignement scolaire :
                                     11 200 emplois en 2008 !
                                     13 5OO emplois en 2009 !
                                     16 000 emplois pour la rentrée 2010 !


Nous refusons ces suppressions d’emplois et revendiquons la titularisation des personnels précaires, sans condition de concours ni de nationalité ! 
Ces suppressions s’accompagnent de multiples annonces de transformations radicales du système éducatif, dans le droit fil de la stratégie de Lisbonne qui a inspiré la loi Fillon de 2005.
> Généralisation du bac pro 3 ans
Nous demandons au ministre le retrait de cette réforme qui a provoqué, dès la rentrée 2009, une dégradation des conditions d’accueil et de travail des élèves et des personnels. La mise en place de l'épreuve orale de contrôle du bac professionnel 2009 s'est déroulée dans la plus grande confusion et a contribué à diminuer la valeur du diplôme délivré. Il en sera de même du BEP ou du CAP. A nous de nous mobiliser à la hauteur de ces enjeux !
> Réformes dans le 1er degré
Que ce soit la suppression du samedi, inefficace et contreproductive, les programmes scolaires rétrogrades dénoncés par tous, les attaques contre le droit de grève avec le service minimum d'accueil tout cela concourt à affaiblir le rôle et le fonctionnement de l’école.
> Réforme du lycée général et technologique
Les mesures annoncées ne répondent pas à la principale revendication des personnels et des jeunes qui est l'amélioration des conditions de travail et d’étude pour assurer la réussite de tous. De trop nombreuses zones d’ombre subsistent. Elles cachent de réelles menaces, notamment sur la voie technologique. La plupart des mesures proposées vont se heurter à la question du manque de moyens.  
> Disparition annoncée des IUFM
La formation initiale des enseignants qui se réduit à une forme de compagnonnage rendra très difficile l'entrée dans le métier des jeunes collègues et ne leur permettra pas de remplir correctement leurs missions. La CGT Educ’action revendique une formation programmée progressive et cohérente aux métiers de l’Éducation dans le cadre de l’IUFM où interviennent des enseignants chercheurs, des équipes de formateurs qualifiés du 1er et du 2nd degré favorisant un aller-retour entre expériences de terrain et apports disciplinaires et pédagogiques de haut niveau.
> Masterisation et baisse significative des postes aux concours de recrutement
Reculer le concours après un diplôme à bac + 5, c’est instituer une sélection sociale insupportable pour les étudiants les plus modestes et éliminer la plupart des non-titulaires en poste, recrutés souvent avec une licence. Cette hausse du niveau de recrutement n'est pas accompagnée d'une revalorisation salariale à la hauteur. La CGT Educ’action revendique un concours national après la licence et une formation de deux ans comme fonctionnaire stagiaire débouchant sur un master.

Ces « réformes » sont induites par la politique gouvernementale de l’emploi à l’Éducation nationale comme dans toute la fonction publique, elles se concrétisent notamment par le non-remplacement d’un départ en retraite sur deux.

Elles ont pour finalité le redéploiement des moyens. Heures supplémentaires et primes en échange de l’acceptation des suppressions d'emplois : ce « donnant-donnant » voulu par le ministre est inacceptable ! C’est un leurre qui ne répond pas à l'exigence de revalorisation salariale immédiate des personnels : pour la CGT Educ’action, il faut une nouvelle grille des traitements débutant à 2 600 € (soit 2 fois le SMIC) et une augmentation de 70 points d’indice pour tous les personnels (soit plus de 300 € pour tous).

Face à cette casse des services publics et de la fonction publique (loi de mobilité, loi Hôpital-Patient-Santé-Territoire, généralisation de la contractualisation dans la fonction publique territoriale, privatisation de la Poste…), la CGT Educ'action appelle les personnels à se mobiliser et à faire de la grève du 24 novembre une première étape dans la lutte, pour une autre politique notamment en matière d'emplois, de salaires et d'éducation. Elle appelle les personnels à se réunir dans l’unité, la plus large possible, dans nos établissements pour discuter dès maintenant des suites rapides et fortes à donner à cette première étape qui doit être d’ampleur. 
 
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : actions unitaires
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Samedi 31 octobre 2009
"M. Smith* a remarqué que plus les professions mécaniques se divisaient, plus le peuple était exposé à contracter cette stupidité naturelle aux hommes bornés à un petit nombre d'idées d'un même genre. L'instruction est le seul remède de ce mal, d'autant plus dangereux dans un État que les lois y ont établi plus d'égalité.
En effet, si elle s'étend au-delà des droits purement personnels, le sort de la nation dépend alors, en partie, d'hommes hors d'état d'être dirigés par leur raison, et d'avoir une volonté qui leur appartienne. Les lois prononcent l'égalité dans les droits, les institutions pour l'instruction publique peuvent seules rendre cette égalité réelle. Celle qui est établie par les lois est ordonnéee par la justice ; mais l'instruction seule peut faire que ce principe de justice ne soit pas en contradiction avec celui qui est prescrit de n'accorder aux hommes que les droits dont l'exercice, conforme à la raison et à l'intérêt commun, ne blesse point ceux des autres membres de la même société. Il faut donc à la fois qu'un des degrés de l'instruction commune rende capables de bien remplir toutes les fonctions publiques les hommes même d'une capacité ordinaire, et qu'un autre n'exige qu'aussi peu de temps que peut en sacrifier à l'étude l'individu destiné à la branche la plus resserrée d'une profession mécanique, afin qu'il puisse échapper à la stupidité,non par l'étendue, mais par le choix et la justesse des notions qu'il recevra.
Autrement, on introduirait une inégalité très réelle en faisant du pouvoir le patrimoine exclusif des individus qui l'achèteraient en se dévouant à certaines professions, ou on livrerait les hommes à l'autorité de l'ignorance, toujours injuste et cruelle, toujours soumise à la volonté corrompue de quelque tyran hypocrite ; on ne pourrait maintenir ce fantôme imposteur d'égalité qu'en sacrifiant la propriété, la liberté, la sûreté aux caprices des féroces agitateurs d'une multitude égarée et stupide.
"

Condorcet, Mémoires sur l'instruction publique, 1791

* Il s'agit d'Adam Smith
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : dans le texte
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Jeudi 22 octobre 2009
Longtemps mis en veilleuse, ce blog va sous peu reprendre du poil de la bête durant les vacances.

En attendant de pouvoir y lire le compte rendu du Conseil National de l'Union qui s'est tenu à Batz-sur-mer les 14, 15 et 16 octobre dernier, je vous encourage à visiter assidûment deux autres sites internet :
- celui de l'Union Départementale de l'Yonne (dans le menu à gauche) qui s'est refait une beauté ;

- celui de l'URSEN, le site académique, qui a été réactualisé par Claude Cadot et va l'être encore prochainement.
Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : la vie de l'académie
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Mercredi 15 avril 2009
MANIFESTE
pour l’enseignement des arts appliqués
en lycée professionnel

Le droit d’accès à la culture pour tous est une exigence de citoyenneté.
Il se pose en terme de développement culturel global, l’enjeu étant d’assurer
l’émancipation, le progrès social et la construction d’une véritable démocratie culturelle.

Congrès de la FERC mai 2007

Depuis de nombreuses années, l’enseignement des arts, réduit à portion congrue, est régulièrement remis en cause. Aujourd’hui, le ministère profite de la généralisation du bac pro en 3 ans pour tenter de détruire l’enseignement des arts appliqués en lycée professionnel.
Si l’accès à l’art et à l’enseignement artistique à l’école est une revendication fondamentale de la CGT, car source d’émancipation et de transformation sociale, l’attaque porte, aujourd’hui, sur une matière professionnelle constitutive, aussi, de la formation qualifiante du jeune, futur bachelier. Elle constitue la première lutte emblématique, d’autres suivront dans ce domaine dans le cadre des réformes en cours et à venir au lycée général et technologique.
Les arts appliqués, en lycée professionnel, c’est l’art au quotidien : design d’objet, design d’espace et design graphique autrement dit mode, pub, architecture… Tous ces domaines autour de nous sont constitutifs de notre société, nous aident à mieux comprendre notre environnement.
C’est également une initiation à l’histoire des arts, la possibilité de découvrir des lieux culturels, de rencontrer des artistes, de réaliser des travaux artistiques. C’est aussi pour des jeunes souvent démunis face à l’art, un moment permettant d’accéder à une culture trop souvent élitiste et inaccessible à celui qui n’a pas reçu cette éducation, d’avoir une véritable ouverture culturelle.

Cela participe à la vision de l’enseignement initial public sous statut scolaire : former l’Homme, le travailleur et le citoyen. L’enseignement artistique a toute sa place, au même titre que l’histoire, des lettres, des langues, des maths, des sciences … afin que ces jeunes puissent disposer d’un enseignement général complet aux côtés d’une formation professionnelle solide.

 Historiquement, la CGT a toujours entretenu un rapport particulier avec l’art, qu’il ait des applications commerciales et industrielles ou non. C’était le cas dans les bourses du travail au 19e siècle. C’est toujours une longue tradition dans les Comités d’entreprise où la CGT est présente et ce sera toujours les cas en défendant l’enseignement des arts appliqués à l’école.
 Aujourd’hui, la généralisation du Bac pro 3 ans, faite dans la précipitation et sans concertation, prévoit de réduire les heures dévolues à ces enseignements à 1 heure par classe et par semaine, avec parfois 30 élèves par classe (au lieu des 2 heures par semaine et par niveau : BEP et Bac pro 2 ans + 2 ans. Plus d’assurance d’une quelconque évaluation, pas de programme ni d’information concernant les conditions d’examen plus généralement du bac pro 3 ans.

Pour les enseignants de cette discipline, ce serait une grave aggravation
de leurs conditions de travail : plus de 500 élèves par semaine,
soit 18 classes à 30 élèves en moyenne.


C’est pourquoi la CGT Educ’action appelle tous les enseignants à se mobiliser pour défendre un enseignement des arts appliqués, enseignement de qualité et garantie d’un accès à la culture pour tous les élèves. Elle s’engage dans la défense de l’enseignement des arts avec les enseignants d’arts appliqués.
Le sort réservé aux arts appliqués confirme notre analyse à propos de la réforme de l’enseignement professionnel et notre refus de la généralisation du Bac pro 3 ans.


Ensemble, avec la CGT Educ’action exigeons :
- Le maintien des cursus en 4 ans (2 ans de BEP + 2 ans de Bac pro)
- Le rétablissement des grilles horaires nationales hebdomadaires.
- 2 heures hebdomadaires à minima d’arts appliqués pour tous les élèves avec un seuil de dédoublement défini nationalement.
- La mise en place d’une épreuve d’art au Baccalauréat professionnel.
- La réouverture des concours de recrutement en art et arts appliqués et une augmentation du nombre de postes en chute libre depuis 7 ans.
- Une politique ambitieuse de développement de projets artistiques et culturels accompagnée des moyens financiers nécessaires.


Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : dans le texte
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Jeudi 9 avril 2009
Arrêt de la réforme du bac pro 3 ans
M. Darcos doit répondre à cette demande !

M.Darcos, malgré toutes les démarches de nos organisations syndicales, qui ont mis en évidence les conséquences extrêmement néfastes de la généralisation du baccalauréat professionnel en 3 ans, à la rentrée 2009 a jusqu’à présent choisi le mutisme.
Pourtant la réalité est là :
- Dans des lycées, certaines filières sont menacées de disparition et de nombreux établissements subissent d’importantes suppressions de postes. Ce ne serait d’ailleurs qu’un début : les rectorats travaillent déjà sur les suppressions pour les rentrées 2010 et 2011.
- Avec la fermeture des sections de BEP (2 ans) suivies de 2 ans de bac pro, les élèves perdent une année de formation.
- Les nouvelles grilles horaires, rejetées par le Conseil Supérieur de l’Education, ne sont plus hebdomadaires et vont conduire à des disparités entre les établissements.
- Les effectifs dans les classes de bac pro 3 ans, seront dans de nombreux cas, en hausse par rapport aux classes de BEP.
La preuve est faite que cette réforme n’a aucune justification pédagogique mais qu’elle vise à supprimer des postes.
En ce moment même les familles, dont les enfants sont en troisième, commencent à rédiger leurs vœux pour la rentrée 2009 dans la plus grande incertitude et la plus grande confusion. Comment choisir entre un CAP et un bac pro 3 ans ?
L’Association des Régions de France, dans un communiqué du 23 mars, proteste contre les conditions d’examen de la rénovation de la voie professionnelle et « exige que l’ensemble des réformes des lycées fasse l’objet d’un moratoire ». Nos organisations syndicales ont sollicité la présidence de l’ARF pour rencontrer les élus des Régions de France et leur faire connaître nos revendications.
Les organisations de lycéens et de parents d’élèves se sont exprimées sur cette réforme. Elles ont pu exprimer leur désaccord, par exemple lors du Conseil supérieur de l’Education. Nos organisations syndicales proposent une rencontre pour faire le point de la situation dans l’enseignement professionnel.
La CGT Educ’action, le SNUEP-FSU, le SNEP-FSU, Sud Education, SN-FO-LC, la FAEN proposent aux personnels de se réunir dans les établissements avec leurs organisations syndicales pour continuer à défendre tous les postes, et à exiger du ministre l’arrêt de la généralisation du baccalauréat en 3 ans.

Paris, le 6 avril 2009

Par Jean-Philippe Lafont - Publié dans : actions unitaires
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