dans la presse...

Publié le par Jean-Philippe Lafont

J'ai retrouvé cet entretien datant de mars dernier paru dans L'Indépendant de l'Yonne

Jean-Philippe Lafont : « On ne bâtit rien sur du sable »
Présent mardi dernier dans le cortège syndical de la manifestation anti-CPE, Jean-Philippe Lafont, secrétaire du Syndicat Départemental de l’Education Nationale de l’Yonne, est enseignant au Lycée Polyvalent Louis Davier de Joigny. Il a accepté d’évoquer les positions du SDEN, syndicat minoritaire dans l’Education Nationale et d’expliquer les raisons de son hostilité au Contrat Première Embauche.

L’Indépendant de l’Yonne : Pouvez-vous faire une présentation du SDEN et de votre fonction ?
Jean-Philippe Lafont :
Emanation de l’UNSEN, elle même membre de la FERC (Fédération de l’Enseignement, de la Recherche et de la Culture) laquelle appartient à la CGT, le SDEN-CGT 89 représente les intérêts de tous les enseignants de l’Yonne. Jeune enseignant, car je n’enseigne les lettres et l’histoire géographie aux élèves de lycée professionnel (du CAP au Bac Pro, voire des élèves de 3e) que depuis huit ans, je suis aussi un jeune militant syndical. J’assure la responsabilité du SDEN depuis 2004, alors que j’ai adhéré en septembre 2000. Petit syndicat par ses adhérents qui subit comme les autres la désaffection syndicale le SDEN continue à s’agrandir. Le SDEN informe, participe aux actions intersyndicales et interprofessionnelles, et est représenté au CTPD et au CDEN, les instances décisionnelles paritaires départementales. Très présent dans les lycées professionnels, le SDEN suit de près les autres corps et niveaux.

LY : Quelles sont les positions que défend le SDEN ?
J-P. L :
Les positions qu’il défend pourraient se résumer ainsi : un service public de l’éducation offrant à tous les élèves la meilleure formation possible. Syndicat de salariés dont il défend les intérêts, par l’intermédiaires des élus en CAPA, le SDEN appartient à la CGT, avec laquelle nous partageons repères et convictions, parmi lesquelles celle qu’il nous faut construire une société différente et plus juste. C’est pourtant toujours une gageure que d’adhérer à la CGT quand on est enseignant. Car plutôt que de choisir un syndicat majoritaire et médiatisé comme la FSU, c’est opter pour une crédibilité et une représentativité syndicales limitées, mais réelles de tous les enseignants, même les agrégés.
LY : Quels sont vos arguments contre le Contrat Première Embauche ?
J-P. L :
La position du SDEN sur le CPE est sans équivoque : refus pur et simple. Tout comme le CNE, ou cet autre, profilé pour les plus de 57 ans, le CPE est un outil discriminatoire qui va précariser les salariés selon leur âge sous couvert de lutte contre le chômage. C’est la légalisation de pratiques patronales et la porte ouverte à une flexibilité sans contrôle. Pour en avoir parlé avec mes élèves de CAP, j’en ai retiré la conviction que cela les inquiétait aussi réellement. En tant qu’enseignant, je ne peux que refuser qu’on fragilise tous les efforts que l’on réalise en amont. A quoi bon leur donner une formation qui va, on l’espère, leur permettre de construire leur avenir professionnel si c’est pour leur proposer une précarité institutionnalisée ? On ne bâtit rien sur du sable.

 
Stéphane Bourdier,
L’Indépendant de l’Yonne, 31/03/06

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Publié dans sden89

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